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La redistribution, une deuxième option pour les excédents alimentaires !

Written on 28 juin 2022 · 5 mins, 58 secs


La prévention avant tout !

Prévenir le gaspillage alimentaire dans votre organisation ? C’est possible ! Commencez par effectuer une mesure, identifiez les problèmes et prenez des mesures ciblées. Avec des portions et des quantités de production adaptées, vous pourrez déjà réaliser des gains importants.

N’avoir aucun surplus en cuisine ? Une utopie ! Car des facteurs imprévisibles tels que le nombre de clients, la popularité d’un menu ou la météo font tout simplement partie du jeu. Et ils impactent la quantité de nourriture gaspillée.

La redistribution comme deuxième salut

Pas de miracle de zéro déchet ? Alors, essayez de donner aux restes une seconde vie qui ait du sens. Comment ? En les redistribuant, vous vous assurez que vos excédents atterrissent toujours dans des assiettes. Une valorisation de qualité ! Et toujours dans le respect de la sécurité alimentaire et des contraintes financières. Différents acteurs se chargent de l’approvisionnement, du stockage, de la transformation et de la distribution des excédents alimentaires et les proposent via différents canaux. Deux partenaires sont présentés ci-dessous : les Banques alimentaires et Too Good To Go.

Les Banques alimentaires

Les Banques alimentaires sont probablement le plus grand et le plus connu des redistributeurs. En 2021, 177.238 personnes dans le besoin au total ont fait appel aux Banques alimentaires chaque mois en moyenne, via plus de 650 associations locales. Cette année-là, les Banques alimentaires ont collecté 22.230 tonnes de denrées, reçues principalement d’entreprises alimentaires, de détaillants et de ventes aux enchères. Le nombre de personnes faisant appel à l’aide alimentaire augmente chaque année, alors que l’offre diminue. Cela s’explique en partie par la crise du corona, caractérisée par un chômage temporaire ou la disparition de certains emplois.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Il vous reste chaque jour des produits parfaitement utilisables que vous ne pouvez plus vendre ? Alors la redistribution est une très bonne solution. Mais les exigences en matière de sécurité alimentaire doivent toujours être respectées. Quelles sont les règles que doit respecter une institution pour pouvoir donner des denrées alimentaires ?

  • Durée de conservation

Avez-vous encore un stock important de produits dont la date de durabilité minimale (DDM) est atteinte ou dépassée ? Dans certains cas, ceux-ci peuvent encore être distribués au consommateur sans aucun risque pour la santé. Bien entendu, vous devez toujours être en mesure de garantir que les conditions de stockage et la chaîne du froid sont respectées et que l’emballage est intact. Les produits ayant une date limite de consommation (DLC) ne peuvent en aucun cas être acceptés ou distribués après l’expiration de cette date.

  • Traçabilité

Dans le cas de livraisons à des organisations caritatives et à des banques alimentaires, la liste des établissements des organisations caritatives et des banques alimentaires auxquels les produits ont été livrés suffit pour enregistrer les produits sortants.

  • Congélation
  • Le bon étiquetage

Vous pouvez trouver plus d’informations sur le site web de l’AFSCA.

Anticipez

Les Banques alimentaires envisagent l’avenir avec inquiétude, car les prix des denrées alimentaires et de l’énergie sont en forte hausse. Afin de répondre à l’augmentation attendue du nombre de bénéficiaires, la Fédération belge des banques alimentaires souligne l’importance d’incitations fiscales supplémentaires, pour encourager les entreprises alimentaires et les détaillants à donner de la nourriture. De cette manière, ils contribuent également à limiter les pertes alimentaires. Mais attention : il ne saurait être question que les entreprises donatrices considèrent les banques alimentaires ou les organisations locales comme des transformateurs de déchets à bon marché. Des accords clairs sur ce qui doit être donné, ou pas, doivent être pris. Une raison suffisante pour réfléchir à deux fois avant de jeter les excédents à la poubelle !

« La collaboration avec les cuisines professionnelles et les supermarchés est très précieuse pour le fonctionnement des organisations sociales », déclare Pierre De Coninck, président de l’asbl Lichtbaken, qui travaille en collaboration avec la Cuisine centrale de la ville d’Ostende et cela se passe très bien !

Pierre : « Tous les jours, à 15 heures, nous allons chercher les excédents à la cuisine centrale. Nous le faisons avec notre van ou notre triporteur électrique. Nous recevons la nourriture dans des gastronorms et nous gardons ainsi les légumes, les pommes de terre et la viande séparés. Des bénévoles préparent ensuite les assiettes pour nos visiteurs. Ils peuvent venir chercher ces repas pour 1 euro. Et dans le contexte du covid, les plats à emporter sont devenus encore plus populaires. La collaboration avec la cuisine centrale est d’une grande aide ! Et tout se passe très bien. »

Linda Verhaeghe, coordinatrice principale de la restauration à la Cuisine centrale, est d’accord. « Grâce à cette collaboration, nous avons établi une relation chaleureuse avec Lichtbaken. Ils nous sont vraiment reconnaissants et c’est évidemment un sentiment agréable. En fait, nous leur donnons tout : des légumes préparés, des pommes de terre, des plats froids, des yaourts et des sandwichs ! Nous avons récemment commencé à suivre les quantités que nous donnons à Lichtbaken, car malgré la bonne collaboration, nous voulons quand même essayer de limiter encore davantage nos excédents. »

En cas de fermeture soudaine (comme pendant la crise du corona), votre entreprise peut se retrouver avec un stock important et inattendu. Alors c’est très facile si vous collaborez avec une organisation sociale dans le quartier !

Too Good To Go

Et peut-être avez-vous entendu parler de Too Good To Go ? Cette organisation est également active dans la redistribution. Via une application, les supermarchés, les boulangeries et aussi les cuisines professionnelles proposent leurs excédents à un prix réduit et les consommateurs peuvent acheter ces paquets surprise. En effet, le commerçant ne doit pas indiquer à l’avance ce qu’il va mettre exactement dans le paquet, ce qui est bien pratique !

Pour les entreprises où il n’est pas souhaitable que le public pénètre, une autre solution est mise en œuvre. Ce sont les ‘hidden stores’. L’entreprise n’est pas visible pour le grand public, mais ses collaborateurs peuvent utiliser un code pour rendre le magasin visible dans l’application. Cette approche permet de récupérer des portions dans l’entreprise à la fin du service.

Tim Stockman, Key Partner Specialist chez Too Good To Go, explique l’aspect pratique : « La plupart des partenaires pré-emballent le repas dans un emballage à emporter et remettent les portions au client à un moment choisi par lui. D’autres partenaires demandent au client d’apporter son propre emballage et de prélever la portion au moment où il se présente. Il y a aussi des partenaires qui, par exemple, ont un réfrigérateur à la réception où les clients peuvent se rendre. Les paiements sont effectués automatiquement, de sorte que tout ce que vous avez à faire, en tant que cuisine professionnelle, est de mettre en ligne le nombre de portions et de donner la portion au client aux moments choisis. Une solution très simple qu’il vaut vraiment la peine d’essayer ! »